L’hyper-empathie : un don ou une malédiction génétique?

Je me suis toujours posé la question : d’où venait mon hyper-empathie ou cette incroyable capacité à ressentir les sentiments et les émotions d’autrui.

Pour moi, il s’agit à la fois d’un don et d’une malédiction. Je peux me réjouir facilement dans une atmosphère de bienveillance et de joie. Il suffit de trois fois rien pour que je puisse éprouver de la joie, voire de l’euphorie. Toutefois, je peux être très affectée par les douleurs émotionnelles et physiques des autres.

Dans les endroits très fréquentés comme les supermarchés, les centres commerciaux, les salles de cinéma ou les transports publics, je peux rapidement être submergée par tant d’émotions contradictoires sans en comprendre la vraie raison. Les émotions m’envahissent. Elles débordent. j’ai l’impression d’absorber tout ce qui se passe autour de moi. Lorsque je me retrouve dans une pièce avec dix personnes, j’ai l’impression d’avoir dix conversations simultanées dans ma tête.

Quand j’étais jeune, je ne me rendais pas compte de cette puissance extraordinaire. En revanche, je me posais toujours des questions sur les autres. Pourquoi ne voient-ils pas ce que je vois ? Pourquoi ne ressentent-ils pas ce que je ressens ? Suis-je normale ? Ou bien suis-je complètement cinglée ?

Je me suis toujours demandé : « Suis-je née avec cette caractéristique ou s’agit-il plutôt du résultat d’un conditionnement psychologique ? »

Lorsque j’ai mené mon enquête, j’ai trouvé de nombreux articles qui expliquaient l’hyper-empathie d’un point de vue spirituel. Selon cette approche, les « empathes » seraient des êtres dotés d’un pouvoir extraordinaire. Ils se seraient incarnés sur terre pour sauver la planète. Je ne vais pas vous mentir. Cette explication m’avait vraiment enchantée. Je me suis dit : « Voilà enfin ce qui explique pourquoi je me sens toujours comme une extraterrestre ! ».

Crédit : Canva

Mais, le côté rationnel et peu crédule de mon esprit n’était pas tout à fait convaincu. J’avais encore soif d’explications.  Déformation professionnelle ? Probablement oui ! Les années que j’ai passées à lire et écrire des articles de recherche dans le cadre de mon passé d’enseignante chercheuse ont réussi à créer chez moi un éternel besoin de creuser et d’aller au fond de choses. Je ne pouvais donc pas me contenter de croire que j’étais une brave créature venue sauver la planète, quand bien même une partie de moi en aurait eu tellement envie.

Je me suis alors posé la question : « Si j’étais née dans une configuration familiale différente, aurais-je quand même développé cette incroyable capacité hors norme ? »

En effet, un long travail d’introspection m’a permis de comprendre les schémas dysfonctionnels dans lesquels j’ai grandi. Je n’étais pas autorisée à éprouver des émotions. Toute l’attention était dirigée envers ma mère qui souffrait d’anxiété et de dépression chroniques. Il fallait donc que je sois très attentive à chacune de ses expressions pour anticiper le comportement approprié à adopter. Pour recevoir de l’amour de sa part, il fallait que je joue à la psychologue. J’étais à l’écoute et je lui proposais des solutions. C’était l’unique façon pour moi de pouvoir obtenir un peu d’attention de sa part.

Plus tard, en poussant mes recherches un peu loin, j’ai réussi à trouver un complément d’informations dans un livre intitulé « L’impact des émotions sur l’ADN » de Nathalie Zammatteo (disponible ici).  Selon la chercheuse, l’environnement émotionnel qui berce notre enfance aurait un impact sur l’expression génétique des gènes responsables de la régulation du stress. Les petits qui reçoivent peu de soins maternels ou des soins maternels inconsistants sont plus sensibles au stress émotionnel et à l’adversité à l’âge adulte.

Dans cette vidéo je partage une synthèse de ma vision sur l’hyper-empathie en tenant compte de mes découvertes issues de cette belle lecture.

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